Vivre ensemble et qualité relationnelle

Vivre ensemble et qualité relationnelle

L’accueil de personnes d’autres pays se fera dans de meilleures conditions si chaque personne peut faire un examen de la situation, des conséquences et de ce qu’elles ressent. La méthodologie pour y parvenir est celle de la médiation professionnelle, c’est le travail réalisé en entretien individuel lors de la mise en oeuvre de médiation. Cet accompagnement sert à clarifier les faits et à analyser ses émotions avec tout le recul nécessaire pour le faire.

L’objectif est de permettre de se positionner, de faire son propre choix, de clarifier ce qui pose problème.

Quelle réalité pour les arrivants ?

Leur vécu n’est pas prévisible, la façon dont ils l’ont ressenti encore moins, rien ne sert donc de chercher des solutions en ce sens. L’accueil, l’écoute, la clarification des faits permettent dans un climat de confiance réciproque d’ouvrir et de maintenir un dialogue nécessaire à la compréhension.

Du point de vue des autochtones

La bonne volonté et la peur de l’inconnue se livrent une bataille que seule la raison résout de manière pérenne

Faire du bien à l’autre ne procède-il pas en réalité d’un même mécanisme que lui faire du mal ?

Accueillir quelqu’un qui sans soi peut mourir permet de se sentir « le sauveur », d’avoir un certain sentiment de pouvoir sur la vie de l’autre et de se montrer magnanime, de montrer le côté le plus agréable de l’humain, cette main tendue.

Dans les associations, ce sentiment est celui qui pousse une partie des bénévoles à s’engager, ce retour sur implication qui n’a rien de monnayable mais remplit un rôle simple, fondamental, celui de l’homéostasie (le monde qui m’entoure doit ressembler au monde en moi, si je fais du bien, je vais me faire du bien). Ce sentiment, ce besoin serait-il aussi porté par un instinct simple, celui de la survie de l’espèce humaine ? L’un d’entre nous est en danger, le sauver c’est nous sauver tous. Mais cette propension à la sympathie ne semble pas partagée par tous pour tous…

Cette tendance bienveillante que nous avons tous ne doit pas faire oublier le côté « peur de l’inconnu » qui réside lui aussi dans une réaction très archaïque de défense. Des inconnus dont nous craignons leurs intentions arrivent chez nous, le premier réflexe pour certains est de se sentir en danger. Ce même principe qui, nous venons de le voir, met en action en tendant la main à l’autre peut, dans une situation de danger potentiel, amener la même personne à repousser l’autre de la main.

Un exemple, peut être. M. Sarkozy, adepte de la réaction émotionnelle aux évènements, nous met en garde contre « la désintégration de la société française ». C’est un peu fort, une conséquence extrême non argumentée, une réaction plus qu’une réflexion, l’opportunité d’un regroupement identitaire peut-être…

Ces Terriens vont engendrer la désintégration de notre société.

Mais, au fait, pour défendre un territoire, il faut qu’il nous appartienne. Sommes nous propriétaire de notre planète ou simple habitant à titre gracieux ? Non seulement on l’habite mais on s’enrichit à ses dépends, on se l’approprie, on la marchande. L’eau que d’aucuns nous vendent, est un bien commun qui n’est pas produit par l’humain. La planète terre appartient-elle à quelqu’un, à quelque chose ?

Imaginez un peu la tête d’habitants d’autres planètes s’ils nous voyaient débarquer un jour parce que nous aurions rendu notre planète inhabitable… que pourrait être l’accueil de ces habitants hors de la terre, et comment souhaiteriez-vous qu’ils nous accueillent ?

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Pour aller plus loin :

Jérôme Messinguiral

Jérôme Messinguiral

Médiateur professionnel, chargé de communication de la médiation professionnelle (EPMN - CPMN - ViaMédiation) Secrétaire Général de ViaMédiation


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fraternitéhumanitémigrantsqualité de vie

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2 Commentaires sur "Vivre ensemble et qualité relationnelle"

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Fabien Eon
Editor
10 mois 9 jours plus tôt

Le sujet semble brûlant, mais tout porte à croire que les événements actuels ne sont que les prémices de vagues migratoires massives en direction des pays riches, en particulier l’Europe qui n’est pas aussi facile à fermer que l’Australie ou les Etats-unis.

Et c’est sans compter cette quatrième catégorie de migrants que sont les migrants climatiques, il n’y a qu’à jeter oeil sur les îles Kiribati, un archipel perdu au milieu de pacifique en train de sombrer sous la montée des océans : http://goo.gl/tNcxC9

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