Qui est cette personne qui va entrer en médiation ?

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modèle SICUne personne va entrer en médiation. Vous ne l’avez jamais vue, jamais entendue. Vous n’avez jamais été en contact avec elle. Oui, certes, la même scène pourrait avoir lieu quel que soit le métier que vous exercez. Mais la posture de médiateur est plus chargée de sens, puisqu’elle met en oeuvre avec persistance la notion d’impartialité.

Alors, une personne est derrière la porte de votre bureau. Elle va entrer. Vous ne la connaissez pas et pourtant :

  • êtes-vous certain(e) de ne rien vous dire sur cette personne ?
  • êtes-vous sûr(e) que vous n’avez pas d’a priori sur cet individu ?

La réponse courante n’est pas la réalité. Animé de certitudes, vous pouvez vous dire que vous ne vous dites rien. C’est faux. Cette petite conscience qui anime vos habitudes masque la réalité de vos préjugés. Vous avez de nombreux commentaires potentiels qui constituent autant d‘a priori sur les valeurs partagées, les croyances, les attitudes, les comportements, la présentation, les représentations de la légitimité et de l’abusif relatif à toute personne que vous ne connaissez pas et qui doivent entrer dans vos représentations…

Imaginez que la personne que vous ne connaissez pas et que vous accueillez pour une médiation se présente en maillot de bain dans votre salle d’attente. Vous seriez un peu surpris et vous diriez que ce n’est pas la tenue qui correspond au rendez-vous… D’évidence, le silence de votre radio mentale vous laissait quand même un discours de circonstance.

La recherche est d’acquérir un système de repères qui facilite la distanciation, empêche autant que faire se peut les effets parasites dus aux convictions, croyances et certitudes liés à nos héritages cultuels, culturels et sociétaux. Pour cela, le modèle systémique des stratégies et interactions en communication est l’instrument des médiateurs professionnels.

La palette des discours et des préjugés

Au choix, si vous êtes croyant, prêtre, pratiquant ou simplement sceptique, si vous êtes juriste ou psychologue, votre discours est prêt. Selon ce que vous avez en tête comme représentation de la personne humaine, il y a des choses possibles et d’autres évidemment pas. Selon ce que vous avez comme croyances ou comme représentations, vous pourrez naviguer jusqu’au bout du monde sans risquez de chuter dans les abysses ou vous lever le matin sans que le soleil ne se couche quelque part ailleurs.

Vos croyances sur les origines du monde, de l’humanité, la cause des émotions, leurs mécanismes, les principes de la responsabilité individuelle, la dynamique de la conscience et la maîtrise des comportements et de la volonté humaine, exercent toutes une influence sur votre représentation a priori de la personne qui est derrière la porte.

De ce fait, si vous êtes convaincu qu’un dieu a créé l’univers en affrontant le mal et que ce dernier exerce ses talents d’influence ; ainsi donc que certains conflits trouvent des explications dans l’affrontement universel entre l’empire du mal et celui du bien, alors il est plus que fort possible que derrière la porte se trouve une personne qui corresponde à vos croyances… Dans la foulée, vous avez certainement remarqué que ces croyances vont avec des préconisations pour résoudre les conflits et que leurs promoteurs ont imaginé aussi les légitimes intermédiaires. Faire des prières, se confesser, rechercher le pardon, allez jusqu’à la purification, voire l’exorcisme : autant de possibilités de faire “sortir le mal” qui est la cause sournoise du conflit.

A chaque représentation chargée de préjugés, des manières de se représenter la dynamique humaine, les causes des différends et des conflits, les bons procédés pour les gérer ou les résoudre, et d’identifier les acteurs prédestinés à assurer leur traitement.

Globalement, l’erreur de tout ces systèmes est de cataloguer les personnes, d’avoir des modélisations fondées sur des mystiques non sur ce qui existe de concret, tangible et manifeste. Cette erreur est présente dans les modélisations développées en psychologie et approche de “développement personnel”. Il s’agit de tout ces questionnaires et outils projectifs présentés comme pouvant permettre d’identifier les autres.

Le modèle SIC pour se perfectionner, non pour cataloguer

Le modèle SIC est orienté vers le perfectionnement des stratégies de communication du professionnel, non sur la recherche d’identification des comportements et modes de pensées des interlocuteurs. A la différence des modèles qui ont été développés jusqu’à maintenant, le modèle SIC n’a aucune prétention dans la reconnaissance des autres. C’est un outil qui va du plus simple au plus complexe pour améliorer ses stratégies de communication et diversifier ses modes de traitement de l’information.

La formation de médiateurs professionnels utilisent les ressources pédagogiques développées à partir du modèle SIC.

Stagaire
Invité
Stagaire

Très bon outil de compréhension des stratégies de fonctionnement.