La profession de Médiateur : données, chiffres et statistiques

La profession de Médiateur : données, chiffres et statistiques

A l’occasion de l’ouverture de la première année de la décennie du droit à la médiation, tandis que le conseil d’administration de la médiation professionnelle se réunit à Paris, nous publions les données relatives à notre profession. Nous avons réalisé une étude auprès des médiateurs professionnels, c’est-à-dire les membres de la CPMN. A cette occasion, nous les remercions encore tous pour la qualité de leur accueil.

L’origine de la profession de médiateur

La question du statut des médiateurs, profession ou non, a commencé à se poser en 2000, lors de la création du Certificat d’aptitude à la profession de médiateur – le CAP’M – et ensuite, avec une nouvelle acuité en 2001 lors de la création du premier syndicat de médiateurs. Parallèlement, dans l’environnement confessionnel et juridique qui était aussi promoteur d’une certaine conception de la médiation, la bonne volonté apparaissait le principal critère. Le discours général s’orientait vers une recherche de reconnaissance du médiateur en tant que bon samaritain qui exerçait habituellement dans le monde du droit, et qui offrait sa gentillesse, avec quelques heures de psychologie, aux protagonistes d’un différend qui le demandaient ou l’acceptaient. Se comporter comme un professionnel, oui, mais pourquoi avoir un statut professionnel ? La désapprobation et des réactions concurrentielles dubitatives ont accueilli le CAP’M. Personne ne partageait l’idée du développement de la profession de médiateur. Pourtant, aujourd’hui, force est de le constater, l’imitation devient un sport dans ce domaine aussi.

A cette époque, en 2001, seule la Chambre Professionnelle de la Médiation et de la Négociation – CPMN promeut la profession de médiateur. Les autres associations ont le discours tenu par deux idées : la médiation doit être bénévole, au plus pratiquée dans le cadre associatif, bénéficiant de subventions de l’Etat, ou exercée par des professionnels du droit. Ceux-ci trouveront, en 2003, un compromis avec les promoteurs de la médiation familiale, lorsque le Diplôme d’Etat de Médiation Familiale sera mis en place. La contestation immédiate de la CPMN a conduit le gouvernement à ne pas donner d’exclusivité d’exercice au titulaire du DEMF. Les arguments de la CPMN ont porté. C’est notamment de là qu’un écart s’est creusé entre la CPMN et les autres organisations de médiation, dont la proximité avec le monde du droit les a empêché d’entrer dans une démarche professionnelle pour adopter l’idée que la médiation n’est pas un mi-chemin mais bien une discipline « à part et à part entière ».

Profession d'origine

L’inter-professionnalisme des médiateurs

Sous l’influence des trois organisations de la médiation professionnelle, on a assisté à une recherche de laïcisation de la médiation et également à une déjuridicisation de l’enseignement de la médiation. Une offre de médiation professionnelle a vu le jour.

Aujourd’hui, les professionnels qui s’orientent vers la médiation sont plus exigeants que ceux des années 2000. Ils ne viennent plus chercher à être confortés dans leurs croyances, mais ils viennent chercher de véritables compétences. Des offres existent toujours néanmoins, placées globalement sous l’égide de l’obédience confessionnelle animée par l’Institut Catholique de Paris, dont l’influence reste très importante auprès de la profession d’avocat. Les marques de la concurrence sont désormais posées avec deux grands courants : la médiation conciliatrice et la médiation professionnelle (EPMN, CPMN, ViaMediation).

De fait, si l’on considère un différend traité dans le cadre d’une procédure judiciaire, et le même différend confié aux soins d’un médiateur professionnel, il est évident qu’il y a un manque à gagner pour le monde juridico-judiciaire. Avec la médiation professionnelle, la situation est abordée en tant que relation, non en tant que dossier. Donc, pas d’étude juridique, pas de procédure, pas de saisine, pas d’audience, pas de conclusion, pas de report, pas de recours. A chacune de ces étapes, c’est autant de facturation en moins. Ainsi, la médiation professionnelle est non seulement une toute autre conception de la personne et de ses droits, mais définit d’autres lignes financières.

Lieux d'exercice

En élaborant un code d’éthique et de déontologie exigeant, en définissant des règles professionnelles (CODEOME), en définissant le droit à la médiation associé aux Droits de l’Homme, la CPMN a tracé la voie d’une nouvelle profession. Elle s’est progressivement implantée en France. Elle progresse aussi dans d’autres pays (Europe et Afrique).

Ainsi, en se divisant, la médiation s’est clarifiée :

  • l’une a été orientée comme un moyen secondaire, exercé de manière dilettante, avec comme instrumentations principales la bonne volonté, le bon sens et le feeling, combinées avec un référentiel moral, psychologique et juridique ;
  • l’autre médiation s’est affirmée dans une recherche professionnelle, avec comme instrumentation une démarche rationnelle, faisant du médiateur un professionnel de la relation, maîtrisant une discipline fondée sur la qualité relationnelle, le montage et le démontage des conflits, possédant les mécanismes de la confiance, de la défiance et de la méfiance, dont les compétences sont identifiées en matière de conduite d’un processus structuré appliqué aux entretiens et aux réunions.

Statuts des médiateursDe plus, la CPMN a été l’initiatrice du développement de la médiation internalisée, ce qui permet désormais d’exercer cette profession en tant que salarié.

Ainsi, la CPMN a incité les médiateurs à s’installer à leur compte ou à proposer l’intégration de Dispositifs de Médiation Professionnelle Interne® au sein des organisations DMPI®, avec les conventions ViaMediation, soutenant les démarches professionnelles.

Aujourd’hui, la profession s’organise autour de la CPMN, notamment avec des personnes salariées, associées et exerçant en individuel.

Chaque médiateur professionnel est titulaire du CAP’M – le certificat d’aptitude à la profession de médiateur, délivré exclusivement par l’EPMN, école professionnelle de la médiation et de la négociation, depuis 1999.

Répartition selon l'äge

Si l’âge moyen est dans la fourchette comprise entre 45 et 65 ans, les médiateurs professionnels sont minoritairement retraités. Le bénévolat et l’autorité d’une expérience certaine dans un secteur ne qualifient pas les médiateurs. Ils sont d’âge moyen et si l’âge rentre en compte c’est peut être culturellement parce que la prise de recul est plus accessible (enfants déjà grands, le demi-siècle…) vis-à-vis des représentations culturelles qui amènent à se questionner sur la vie et le monde qui nous entoure.

On a pu constater que le nombre de retraités exerçant en bénévoles adhérents à la Chambre a fortement diminué par rapport aux premières années.

Avocats médiateurs professionnels ?

Les avocats, constatant que leur profession les a souvent tenus très éloignés de l’idée de la médiation, commencent à s’intéresser à l’évolution nécessaire de leur activité en étant de plus en plus nombreux à vouloir se convertir à la médiation professionnelle. En étant clair sur les différences de pratiques quand on fait du droit ou de la médiation, il devient possible d’agir en professionnel pour l’une et pour l’autre. Il devient possible de concilier les deux professions. C’est ce que font les avocats formés à la médiation professionnelle et d’une autre façon ceux qui signent les conventions ViaMediation.

Répartition Femmes/HommesLes médiateurs professionnels sont assurés pour leur activité par une RCP individuelle couvrant les risques liés à l’exercice de leur profession.

Les médiateurs professionnels sont engagés par le respect d’une éthique et d’une déontologie rigoureuses. Leur code est régulièrement mis à jour pour suivre l’évolution de la profession. Le CODEOME est accessible au public via le site internet www.cpmn.fr

La parité, recherchée par ailleurs en utilisant la discrimination pour y parvenir, est de mise naturellement dans la profession de médiateur professionnel. Pour autant, le critère du sexe n’est pas pertinent dans la prise en compte de la qualité du médiateur.

Un travail réalisé notamment grâce aux contributions de :

Jérôme Messinguiral

Jérôme Messinguiral

 
Jean-Louis Lascoux

Jean-Louis Lascoux


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