Réforme des rythmes scolaires à Paris : le dialogue peine à s’établir

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Logo mairie parisLa ville de Paris s’est engagée à mettre en œuvre la réforme des rythmes scolaires dès la rentrée 2013.

Le moins que l’on puisse dire est que cette orientation soulève l’inquiétude des acteurs concernés, en premier lieu des enseignants et des parents. Dernier témoignage en date, la réunion publique du 18 février à l’espace Reuilly dans le 12e arrondissement.

Monsieur Delanoë s’y est livré à un exercice de communication difficile, d’autant plus périlleux que la salle lui semblait majoritairement hostile.

Mais là n’est pas vraiment le problème. Établir un dialogue dans un environnement hostile n’est pas un obstacle en soi. Cela relève avant tout de la capacité à écouter (ce qui au passage n’est pas la même chose qu’entendre, encore moins argumenter, expliquer, convaincre).

Par contre, il est nettement plus acrobatique d’établir un dialogue quand tout le monde a quelque chose à dire et que personne n’écoute.

Monsieur Delanoë, vous êtes venu à l’espace Reuilly dans un esprit de conciliation, de concertation, pour exprimer des propositions. Malheureusement, votre public n’était pas venu pour vous écouter, mais pour s’exprimer, lui aussi.

La réforme verra peut-être le jour à la rentrée 2013 du fait d’un rapport de forces favorable à la Mairie. Mais si la qualité du dialogue reste ce qu’elle est, la concertation n’aura pas pesé beaucoup.

Fabien Eon
Invité
Fabien Eon

Ton expression « la position d’écoute de Mr Delanoë venu expliciter ses propositions » ne manque pas de sel. Stricto sensu, quand on est en train d’expliciter on n’est pas en train d’écouter. Et quand on écoute, normalement on se tait.

Plus sérieusement, tes questions montrent bien que la dynamique de ces réunions publiques est celle du rapport de forces. Pas du dialogue.

Philippe Jacquet
Invité
Philippe Jacquet

Je crois comprendre que c’est non la position d’écoute de Mr Delanoë qui t’interpelle, venu expliciter ces propositions. Mais crois tu que le vrai exercice d’écoute sans réponse immédiate soit bien possible seul face à une foule hostile et son brouhaha, avec la posture d’une homme politique comme mr Delanoë sur laquelle la foule ne comprendrait pas qu’il ne réponde pas immédiatement, l’occasion étant trop belle de le prendre a partie ? Je crois plutôt avoir entendu au journal télévisé que comme à marseille, il ne voit pas comment mettre en place cette réforme dès la rentrée prochaine.