L’énergie de l’inertie est l’espoir des masses

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L'énergie de demain
Au cœur de l'énergie de demain.

Vous que la vie inquiète parfois, je vais vous dire quelque chose de rassurant. Mais d’abord, je puise dans le registre de vos soucis : l’énergie. Toute l’énergie. Plus on veut en économiser et moins nos machines en dépensent, plus on en consomme. Le gars qui a observé ça est un certain William Stanley Jevons. En 1865, il étudie le phénomène à propos des machines à vapeur. Les nouveaux modèles demandent beaucoup moins de charbon que les anciens, mais ils sont si économiques qu’on multiplie les machines à vapeur partout, et on en vient à consommer plus de charbon qu’avant. Autrement dit, l’économiste et logicien anglais a fait le constat que plus tu rends l’énergie économique à l’usage, plus tu en augmentes la consommation : c’est le paradoxe de Jevons. L’automobile et l’éclairage le confirment. Les moteurs consomment moins de carburant, alors on roule davantage, dans des voitures plus lourdes. Les ampoules LED consomment jusqu’à dix fois moins d’électricité que les anciennes, alors on éclaire tout, partout : vitrines, façades, jardins, écrans. Même scénario avec l’intelligence artificielle : chaque nouveau modèle calcule avec moins d’électricité que le précédent, alors on en met dans chaque téléphone, chaque logiciel, chaque moteur de recherche, et les centres de données poussent comme des entrepôts à l’entrée des villes. La surenchère est là, d’apparence rationnelle, elle s’anime de l’enthousiasme spéculateur. On parvient à retirer ici, alors on en rajoute là, en répétant finalement la même chose.

Ne bougez pas, vous êtes en train de vous déplacer

Alors, tu peux te dire qu’en restant assis, immobile, tu t’extrais de cette escalade ? Que nenni. Sans même bouger le petit doigt, la Terre t’emporte dans une révolution audacieuse autour du Soleil à environ 30 km/s, soit près de 108 000 km/h, sur une orbite pas tout à fait circulaire. En même temps, elle te fait tournoyer sur elle-même à environ 306 m/s, soit un peu plus de 1 100 km/h à la latitude de Paris. Et pourtant, tu ne sens rien. Tu es au cœur de la production de l’énergie. Même pas la tête qui tourne à cause de ces mécanismes. Dans tous les cas, si tu te racontes que tu manques d’énergie, c’est faux : c’est que tu ne sais pas encore où la puiser. Mais tu sais qu’en innovant, dans le creuset de l’imagination, tu en dépenseras davantage pour ancrer les changements de l’évolution dans un futur que ne connaîtront pas ceux qui s’y opposent.

Bref, on a beau économiser, l’énergie ne te lâche pas. Dès lors, pourquoi ne pas la puiser directement dans celle de la planète, dont l’élan se conserve presque sans dépense ? De quoi faire blêmir les spéculateurs du baril, les politiciens gestionnaires de pénurie et les opportunistes de la crise énergétique. Est-ce faisable ? Pourquoi pas : il suffirait de trouver le moyen de se frotter juste là où il faut pour capter cette énergie cinétique. D’ailleurs, ça se pratique déjà. Depuis 1966, l’usine marémotrice de la Rance, en Bretagne, capte l’énergie des marées, qui soulèvent des milliards de tonnes d’eau au rythme de la rotation de la Terre. Et pour envoyer une sonde très loin, on la fait passer au ras d’une planète, en une sorte de friction gravitationnelle : la sonde chaparde une part de l’élan de la planète autour du Soleil. Lors de ce survol, une sonde gagne de 3 à 5 km/s en frôlant la Terre, et une dizaine de kilomètres par seconde en rasant la divine Jupiter.

À notre échelle, la seule rotation de la Terre donne à nos corps, assis n’importe où, l’énergie cinétique d’un véhicule d’une tonne lancé à 300 km/h. De quoi secouer la boîte à neurones. Mais voici ce qui est rassurant : dans ce grand manège de l’univers, la Terre possède un réservoir d’énergie cinétique si monumental que toutes nos technologies réunies ne parviennent même pas à en égratigner la surface. Nous sommes embarqués sur un navire cosmique invincible, dont l’élan est garanti pour les milliards d’années à venir.

Portés par l’élan du monde

Là où, quand même, ça devient troublant, c’est que la Terre ne s’arrête jamais. Elle fonce à une vitesse folle dans le cosmos alors que nous restons assis, sans la moindre sensation de ce déplacement, exactement comme dans un avion, ou les yeux fermés dans une voiture. Mais imaginez que la planète cesse d’un coup de tourner sur elle-même. Stop ! Et vlan, l’inertie vous projetterait à travers la pièce à environ 1 100 km/h. Dans ce cas, vous auriez intérêt à avoir laissé la fenêtre ouverte… celle à l’est. De Paris, direction Budapest, avec étape à Strasbourg.

Mais non. Pour que la Terre s’arrête net et vous propulse contre un mur ou vous expédie à travers les airs, il faudrait une force capable de freiner six mille milliards de milliards de tonnes de roche et de métal. Même Atlas, habitué à porter le ciel, n’aurait pas tenu le choc. Et cela dans le vide de l’espace, où aucun mur n’attend la Terre. Vous pouvez donc fermer les yeux et respirer : la Terre vient toujours de commencer son prodigieux voyage, et ceux qui en connaîtront la fin ne seront qu’au début de leur propre aventure. La vie est pleine d’énergie et vous en êtes chargé.

Notes et sources : si vous souhaitez vérifier les données utilisez une IA. Vous aurez les premières références. Ensuite, pour approfondir soyez méthodique, croisez les informations, lisez, reprenez. N’en restez pas aux premières propositions. Mais sachez que les IA sont désormais les outils du jardinage intellectuel.

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Jean-Louis Lascoux
"Je prends de l’avance sur les générations futures." Chercheur en Ingénierie relationnelle et médiation professionnelle - CREISIR. Directeur de publication de L'Officiel de la Médiation, initiateur de la Médiation Professionnelle et du droit à la médiation, auteur de "Pratique de la médiation professionnelle" (ESF Sciences Humaines), du Dictionnaire de la Médiation (ESF sciences Humaines), de "Et tu deviendras médiateur et peut-être philosophe" (Médiateurs Ed.), Président de l'EPMN. "... La vie ne m’a pas déçu ! Je la trouve au contraire d’année en année plus riche, plus désirable et plus mystérieuse..." Friedrich Nietzsche, Le gai savoir, aphorisme 324, 1882