XXVIè assises nationales des association de victimes, l’INAVEM oublie la médiation.

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Le thème de ces assises annonce la couleur “L’enfant : enjeu, otage du conflit familial”, quoiqu’un peu réducteur (enfant = victime et seule victime) c’est de bon ton pour les associations de victimes. L’enfant est il l’enjeu du conflit ? Quand un conflit parental éclate, c’est rarement l’enfant l’enjeu, il cristallise le conflit latent entre les parents et devient l’élément technique du conflit mais enlevez l’enfant et le conflit perdurera.

L’enfant “otage” du conflit, oui il est l’une des victimes du conflit, mais est-ce  la seule victime ?

En partant du principe que l’être humain cherche l’harmonie et son bonheur personnel, il parait évident que tous les acteurs du conflit sont à la fois victimes et coupables.

C’est usant, fatigant, éreintant d’entretenir un conflit, la preuve en est que chacun cherche une solution, et la première action est souvent d’aller en justice, persuadé que l’on est d’avoir raison et l’autre tort. Il parait donc évident de choisir un règlement judiciaire au conflit puisque l’on est dans son droit et l’autre est au moins coupable d’émotions ou de sentiments fautifs, donc hors la loi. Condamnable

On s’intéressera plus particulièrement au 3ème cercle de discussion “La place du parent non gardien et des grands parents”.

L’appellation est claire, il y a forcément un parent gardien et un parent non gardien, et si on s’interroge sur sa place c’est qu’il n’en a pas, qu’il est secondaire. Les intervenants de ce cercle sont la présidente de la chambre de la famille à la cour d’appel, un psychologue, une association d’aide aux victimes et de points rencontres.

Il y a dans pour ces intervenants une constante, il y a forcément une victime et un coupable.

Les autres thèmes sont explicites, on va parler de victimes… et dès les termes des thèmes on les victimise et implicitement on présente son corollaire : le coupable.

Il n’en reste pas moins que ces assises sont importantes, le ministre de la justice et des libertés Michel Mercier sera présent, des psychologues, des bâtonniers, des sociologues, des pédopsychiatres, des présidents d’association, médecins psychiatres, présidents de TGI…

L’intervenant qui se chargera de parler de la seule voix qui ne traite pas les personnes en droit et en équité, qui ne les juge pas est… un juge. Comment parler de résolution de conflit quand on règle les conflits.

Nulle part il n’est fait de place à la médiation professionnelle. Les praticiens de cette discipline sont des experts de la qualité relationnelle. N’est ce pas la relation qui est problématique dans un couple ? La loi ne prévoit pas le ratio du partage des tâches ménagères et pourtant c’est une raison majeure de conflit au sein du couple, la loi ne prévoit le ratio du partage de résidence de l’enfant après séparation et pourtant c’est le juge qui tranche et impose son modèle.

La médiation professionnelle a toute sa place auprès des victimes, des couples séparés ou non  dans l’accompagnement au changement. C’est le conflit qui crée les victimes. Si l’on résout le conflit avant qu’il n’y ait de victimes on donne les clés pour des rapports humains non conflictuels, on responsabilise les personnes, on les reconnait dans leur volonté de résoudre le conflit par eux mêmes. La solution trouvée devient pérenne quand elle est choisie, la solution devient un conflit quand elle est imposée.

Une victime peut se passer de la surenchère. Elle a besoin de reconnaissance mais n’a pas besoin d’être victimisée.

Pour voir le programme des assises et les modalités d’inscription cliquer sur le lien suivant :
Programme des assises