Médiation et ses apports dans une société en transformation

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La diversité de la vie, ce qui caractérise l’écoulement du quotidien ne sont ni les grandes joies ni les grandes peines, ni ces moments plus importants qui vont égrener les échéances du temps qui passe. Une existence est faite du tissage de ces liens relationnels avec les autres qui transforment, font sourire ou souffrir, peignent de manière positive ou négative la gestion des petites choses qui échelonnent les heures et qui parfois s’empêtrent dans des liens souffreteux, impossibles ou insoutenables.

La famille, l’école, le travail sont ces espaces affectifs, sociaux et juridiques où les transformations relationnelles confondent en cessant d’être des espaces définis et cohérents pour devenir des places d’incertitudes que la sphère juridique elle-même a des difficultés à accompagner. C’est désormais dans cette toile relationnelle en transformation, dans la recherche maladroite de relations plus égalitaires et participatives que croissent, fragiles, les sentiments d’appartenance, les valeurs, les croyances, les traditions imbriquées dans le soutien de leur construction identitaire.

La médiation pour faire les liens entre l’individuel et le collectif

Dans ces mutations rapides ou prime les revendications de l’individuel, même pour les plus jeunes, les relations aux autres deviennent laborieuses, faisant du quotidien bien souvent un champ de bataille où s’escriment arguments, attaques, positions plus ou moins violentes dans les recherches de solution pour préserver un processus d’individuation écartelé entre des exigences contradictoires et désorganisatrices.

Quoique, les professionnels de la médiation insistent pour que la médiation gagne ses lettres de noblesse en tant que moyen extra-judiciaire de résolution de litiges, le plus grand défi de la médiation s’encadre dans une mobilisation pour une implémentation au niveau collectif.

Néanmoins la dimension de la médiation dans sa modalité d’intervention préventive et pédagogique est peu valorisée par les médiateurs même si pour transformer une micro-culture dans un processus d’apprentissage collectif il faut avant tout que les structures d’une société apprennent a privilégier le dialogue et une communication de qualité.

L’école, un espace privilégié pour dispenser la culture de médiation

La conférence du 30 Avril 2011, organisée para le Fórum-Mediação, à l’école Professionnelle d’Aveiro, au Portugal, était centrée sur le thème de la médiation à l’école et dans la sphère familiale. Jean-Pierre Bonafé-Schmitt et les professionnels de l ‘enseignement et même des étudiants ont pu avoir des échanges sur les transformations qui peuvent faire l’objet d’une approche et d’une intervention en médiation.

L’école est sans doute un espace privilégié pour parsemer une culture de médiation. Mais même dans ce domaine comme l’a souligné Jean-Pierre Bonafé-Schmitt, un spécialiste de la médiation scolaire, on parle plus de médiation qu’on ne fait de médiation. La médiation continue à se développer essentiellement au niveau du commerce parallèle et rentable de la formation où le mot médiation est servi de multiples manières (famille, émotions, interculturel, sexualité, travail, toxicomanie, victime, personnes âgées, suicide….).

A cette occasion, nous avons pu observer que le libellé médiateur ne manque pas mais s’accompagne peu (du moins au Portugal, et dans d’autres pays) d’une réelle préoccupation de la part des médiateurs et des entités publiques à travailler avec la société civile dans le but de développer la médiation.

La médiation, une culture de la citoyenneté responsable

Parler de médiation c’est parler d’un axiome où toute personne se pose comme responsable de ses actions. Le philosophe Jean DE MUNCK ((1998), ‘La crise de l’Etat : la médiation comme symptôme et comme remède‘) analyse la fonction de la médiation comme acte politique qui participe dans la construction authentique de la citoyenneté. Peu de médiateurs analysent leurs contributions dans ce sens par peur de contribuer à une nouvelle forme de contrôle social qui pourrait donner à la médiation une fonction normative, mais sera qu’ils n’ont pas une fonction normative lorsqu’ils interviennent dans le cadre du système judiciaire basé sur le paradigme du contrôle social.

Jean-Pierre Bonafé-Schmitt inscrit la médiation dans l’exercice d’une contre-culture par sa participation dans la construction de l’exercice individuel et responsable de la citoyenneté qui dans le système scolaire se place comme contre-pouvoir de la tendance de hyper-réglementation basée sur des contenus disciplinaires et les pouvoirs institués au détriment de la dimension pédagogique liée à la responsabilisation et à la gestion constructive de conflits.

L’introduction de la médiation dans l’école est promouvoir :
1. la structuration de la conscience civique ;
2. le développement de la pensée critique, indépendante et créative ;
3. l’apprentissage de l’importance d’écouter les autres ;
4. la communication et l’interaction responsable
5. la recherche créative de solutions constructives.

La médiation dans l’espace scolaire contribue sans doute dans la structuration de liens relationnels qui promeuvent le sujet comme acteur responsable et participatif de leur processus d´individuation et construction de l´exercice de la citoyenneté responsable.

Pour Fórum-Mediação

Christophe de MEEÛS
Invité
Christophe de MEEÛS

Passer par l’éducation nationale est une chose cependant il me parait important de ne pas occulter le rôle des parents, nous avons en France une association dont le nom est très parlant ‘l’école des parents’ qui a comme objectif de donner des éléments de références aux parents dans tous les secteurs et expériences de la vie des élèves
Monsieur Bonafe Schmit a peut être déjà oeuvré dans cette institution si ce n’eSt pas le cas il serait bon de de rapprocher de cette association

Médiateurs Professionnels
Invité

L’éducation, via la formation initiale, est certainement le premier projet d’une organisation sociale respectueuse du mouvement generationnel. La médiation s inscrit dans un projet de Société. D’évidence, il s’agit d’une autre Société que celle qui considère les enjeux et intérêts comme prioritaires par rapport aux personnes. Quels que soient les camps.

Jean-Louis Lascoux
Admin

C’est vrai que c’est mieux avec des photos de l’événement lui-même. Merci. Cela dit, comme j’aime beaucoup cette photo que j’ai prise dans la librairie, même si c’est un peu décalé, je trouve qu’elle illustre très bien l’univers de tes intérêts de réflexion 😉