Rentrée… scolaire, la médiation professionnelle dans les cartables ?

2
818

La rentrée scolaire : 3 trimestres vont débuter dès la semaine prochaine, 3 trimestres qui peuvent être des plus agréables ou un véritable calvaire, selon les situations. Que vous soyez parents, enfants ou enseignants, la rentrée est un moment intense. On l’attend. On la redoute. On s’y refuse. Mais ce moment arrive et il est le premier pas vers une année scolaire pendant laquelle les enfants, adolescents, jeunes adultes vont tracer des sillons cérébraux vers leurs réussites futures, ou leurs échecs présents.

rentreescolairewordRéunions parents – profs – élèves, carnets de notes, cahier de liaison, absence, retard, mots sur le carnet, retenues, félicitations, encouragements, orientation, stages. L’année sera vécue de manière aussi diverse qu’il y a d’élèves, et c’est bien le cœur du problème. Chacun va vivre cette année à sa façon, et bien souvent aucune des parties du triumvirat ne sait comment le vit les 2 autres. Imaginons une rentrée avec un point de vue extérieur, de médiateur professionnel, pour parler des relations qui émaillent l’année, en essayant de ne pas les railler… de son carnet d’adresse. Parents, étudiants, enseignants, comment démarrer une année en mettant en avant la confiance d’une volonté commune, la réussite de chacun.

3 façons d’appréhender cette rentrée selon que vous êtes :

Aujourd’hui, nous allons nous attarder sur les parents, les prochains articles traiteront chacun à leur tour des élèves et des enseignants.

Rentrée… scolaire des parents

(séparés, solos, en couple) Peu importe ici votre statut “marital”, les relations entre parents quand elles existent sont source de complexification de la relation à l’enfant. L’enfant est parfois considéré comme l’objet en la possession d’un ou des deux parents, cette représentation vient réduire à néant l’existence propre de l’enfant, ce qui est conflictogène. C’est nier la capacité de l’enfant à faire des choix pour lui-même et par lui-même, ce qui ne manquera pas de créer une relation basée sur l’adversité. En dehors donc des relations entre parents, chaque parent impliqué auprès de l’enfant a une relation propre avec les acteurs pédagogiques scolaires en action auprès de l’enfant :

  • avec les profs
  • avec l’école
  • avec l’enfant

Les professeurs sont des personnels pédagogiques pris entre plusieurs feux (développé dans le chapitre professeurs dans un prochain article), parfois contradictoires. Vous avez un rôle à jouer pour la réussite de la relation parent-prof, et ce n’est pas forcément celui que l’on croit. Le professeur a pour mission de transmettre des savoirs, parfois des savoir-être et des savoir-faire en fonction de leur matière, de leur affectation, des programmes  scolaires… La pédagogie qui les caractérise est parfois liée à leur propre philosophie. Ils ne détiennent pas la vérité absolue pour votre enfant, ils tentent d’appliquer au plus grand nombre ce qui leur a été transmis ou ce qu’ils ont acquis par ailleurs. Vous, parents, savez ce qui marche ou ne marche pas (doit on forcer un enfant à parler à voix haute, copier des lignes est il efficace…) vous savez ce qui est de nature à braquer votre enfant ou au contraire de nature à développer l’implication de votre enfant. Transmettre ce que vous savez de votre enfant et entretenir un lien avec les professeurs permet de réajuster en fonction des évolutions, de créer un environnement cohérent de transmission. Les professeurs, malgré leurs compétences, ne sont pas des professionnels de la communication, il faut donc entrer en contact avec eux et ne pas oublier que vous pouvez avoir confiance en leur envie de voir les élèves réussir.

L’école, le collège, le lycée, des administrations complexes qui encadrent le parcours scolaire de votre enfant. De la surveillance à l’orientation en passant par la discipline, de nombreux personnels (pas assez selon les établissements, trop selon les élèves, pas assez formés selon les parents, tout dépend ce que l’on attend de ces personnels) gravitent autour de ces lieux de savoirs, accompagnent les enfants et parfois, les sanctionnent, affirmant ainsi le cadre commun. L’établissement est le dépositaire de l’ordre et de la vie en société, les règles sont celles qui sont stipulées dans le règlement intérieur. La contestation peut être des deux ordres :

  • la clause elle même
  • l’interprétation de la clause

Les différents acteurs de l’établissement œuvrent pour que l’élève se comporte en adéquation avec les règles communes acceptées par vous et l’enfant en début d’année. C’est là le domaine où les émotions ne devraient pas avoir le dessus, une règle, un écart, une conséquence. Les émotions sont forcément présentes quand il s’agit d’accompagner des étudiants qui sont en perpétuel changement, mettant en question ce qui pour nous sont des fondements et pour eux des vieilles règles qu’il faut bousculer pour voir si ils peuvent en faire les leurs ou si ils vont les faire évoluer, elles aussi. Vous êtes donc un tiers entre l’établissement et votre enfant quand il réfute une décision. (Rappelez vous quand votre enfant, en maternelle, revenez vers vous en se plaignant du comportement d’un ou une camarade, l’accusant de tous les maux, “c’est pas moi, c’est lui”. La première réaction à avoir c’est d’accueillir les propos de votre enfant sans considérer que l’établissement a tord sans avoir pû avoir de leur part leur version des faits)

Votre enfant. Nous entrons là dans un domaine ou le rationnel laisse sa place aux affects. Le cœur à ses motivations que la raison désapprouve parfois. Vous partagez avec votre enfant votre vie, vos actes, vos sentiments, vos projections et vos craintes. En plus de cela vous vous êtes donné un rôle de protection qui vient en contradiction avec celui, auto-proclamé, d’émancipateur. Le conflit, en vous par rapport à votre positionnement envers votre enfant est source de prises de décisions basées sur les émotions du moment. Quoi de plus naturel. Mais le naturel est parfois mauvais conseiller et cristallise une relation qui est mouvante par les changements que vivent les enfants (physiques, comportementaux, cognitifs) et par les changements que vous vivez (travail, société, famille).

Votre enfant veut réussir et vous souhaitez qu’il réussisse. Les méthode que vous mettez en action se retrouvent être source de conflit. Rien d’exceptionnel à ça. Mais pas de fatalisme à avoir, vous pouvez renverser la tendance. Par l’implication de votre enfant dans les décisions qui le concernent.

Alors voilà chers parents, l’année scolaire commence, vous êtes plein de rêves pour vos enfants et plein d’attentes envers les enseignants et l’établissement. Les surprises ne manqueront pas de remettre en cause vos espoirs, la souplesse, en ce domaine aussi, vous permettra d’éviter les obstacles dus à la défense de quelque chose devenu impossible, la confiance et la raison vous apporteront la légèreté dans la confrontation. Si les émotions l’emportent et bloquent la relation, parlez en à un tiers, à un médiateur professionnel (clarification de la situation, outils de prévention des conflits, clarification des liens).

Bonne rentrée, bonne année.

Articles du dossier rentrée scolaire :

Etudiants
Rentrée des élèves
Enseignants
Rentrée scolaire des enseignants

Jean-Louis Lascoux
Admin

L’école doit évoluer. Elle doit proposer des enseignements mieux adaptés aux besoins relationnels de plus en plus importants. Elle doit aussi renforcer la réflexion des futurs citoyens, Elle doit permettre à chacun de ne pas subir le pacte social, mais plutôt lui faciliter son appropriation.

A défaut d’être au programme, la médiation professionnelle peut entrer par le biais des parents et de leurs enfants, afin que l’école progresse.