Le courage et la peur

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Le courage et la peur font partis de notre vie quel que soit les situations que nous traversons.

Que ce soit pour effectuer un changement dans sa vie personnelle, professionnelle, affective et bien d’autres, nos décisions se situent parfois entre peur et courage. Nous pouvons nous trouver à un croisement de chemins où nous restons immobilisés dans une réflexion afin de déterminer le choix le plus approprié pour nous même.

Il est parfois difficile de trouver la destination la plus confortable. Durant cette formation, j’ai apprécié au plus près que nous avions tous l’espace de faire des choix, la seule difficulté étant de faire le bon choix pour soi-même. De ce fait, j’ai pris un temps pour exposer une réflexion personnelle autours de ce sujet vascillant.                             

« Le courage de rester parce que peur de partir… »

Il est parfois difficile de prendre une décision par peur du lendemain. Nous savons ce que nous possédons et nous avons le sentiment de tout perdre lorsque nous voulons prendre un autre chemin. Il n’est pas rare de s’apercevoir que dans certaines relations, il est difficile de prendre la décision de tout quitter. Alors, il peut être courageux de rester dans la situation dans laquelle nous nous trouvons.

La peur de ressentir un échec, un regret ou même une faiblesse peut nous enfermer dans ce carcan. Ceci nous laisse à penser que le changement peut faire peur et que nous pouvons nous sentir incapable de relever le défi de connaître une vie meilleure. Cependant, nous restons dans cette souffrance, ce conflit qui ne cesse de prendre de la place dans notre quotidien, pourtant si douloureux. L’incompréhension augmente, nous postillonnons violemment sur l’autre comme un venin pour faire mal parce que nous souffrons. Nous ne laissons plus de place à l’Autre parce que nous n’en avons plus. L’Autre n’existe plus comme avant parce que nous nous reconnaissons plus soi-même, nous trouvons que l’Autre a changé. Ne serait-ce pas uniquement notre propre regard qui a changé à ce moment-là ?

L’insupportable nous oppose et nous rapproche en même temps. Notre semblant de lucidité nous amène à dire de l’Autre qu’il fait fausse route. Seul notre point de vue compte à ce moment précis.

Faut-il rester ou partir lorsque le dialogue est rompu ? N’est-il pas plus courageux de rester afin de « garder la main » sur la situation que de partir en se disant que nous ne maîtrisons plus rien ? Il me semble que dans les deux cas, nous ne maîtrisons plus rien…

Nous sommes souvent confrontés à ce genre de situation. Nous pouvons prendre le parti de soulager notre existence en orientant notre champ de pensée en direction d’un apaisement commun, le nôtre et celui de l’Autre. Ce n’est pas aussi facile que nous puissions l’écrire mais pas infaisable. Régler simplement sa conscience sans penser à l’Autre peut faire naître une colère en soi et nous l’a transportons tout au long de notre parcours de vie avec toutes les conséquences que cela peut parfois entrainer. La reconnaissance dans son ensemble peut minimiser les souffrances de chacun.

Alors, le courage ne se trouve-t-il pas ailleurs ? Le point de départ d’une prise de conscience… un grand pas individuel pour un objectif commun, celui de vivre différemment avec ce qui nous faisait tant souffrir. Mais la peur n’est jamais bien loin même si nous franchissons ce pas. La peur de ressentir des émotions à nouveaux peut donner l’impression de ne plus avoir laissé de place à cela durant le conflit. Une remise en question émotionnel peut engendrer une intime souffrance culpabilisante et de ce fait se morfondre sur ce qui était présent au début de cette relation et qui ne l’est plus aujourd’hui.

Se libérer de cette souffrance à travers la parole semblerait enclencher un processus vers le chemin du mieux-être. Lorsque nous regardons par-dessus notre épaule et que nous arrivons à décrire la situation qui nous semblait insurmontable à un moment donné n’est-ce pas le courage qui opère et la peur qui s’amenuise ? Si le courage n’est pas le contraire de la peur, alors il est l’art de la surmonter ?

Alors ne dirions-nous pas que :

  • savoir quand partir prouverait notre sagesse ;
  • pouvoir partir prouverait notre courage ;
  • partir la tête haute prouverait notre dignité.

La médiation est un espace unique qui peut permettre à chacun d’entre nous, dans une situation de crise de pouvoir trouver une issue à ce conflit. Notre raison, notre intention vont enrichir notre courage et nous amener à franchir une nouvelle porte, celle d’un médiateur. Nous allons nous sentir accueilli, à l’écoute, nous allons être reconnu comme une personne à part entière. Celle que nous avions oublié d’être durant cette période douloureuse. Ce que nous pensions être l’essentiel dans notre relation ne trouvera pas sa place durant cette nouvelle rencontre. Dans le conflit nous oublions parfois les vraies valeurs, celles que nous prodiguions dans le passé avant la crise. Le médiateur sera l’œil qui nous fera regarder la vie différemment, à travers nos propres Emotions pour mieux se saisir de celle de l’Autre. Quitter ce « ring de boxe » que nous pouvons définir comme étant un temps de surenchères où les maux sont au coup par coup sans répit et surtout sans issue visible si ce n’est que des cœurs et des âmes qui saignent.

L’heure est venue de reprendre sa vie en main, de se détacher de ce conflit pour ressentir une Harmonie, la satisfaction de nos besoins et l’Equilibre relationnel.

Le médiateur nous accompagnera dans cette volonté de faire renaître notre courage et d’atténuer nos peurs. « Le courage d’avoir peur et la peur d’avoir du courage » ne pouvons-nous pas faire le lien avec « le courage de rester parce que peur de partir » ? Peut-être qu’à la lecture de ces deux notions nous pourrions d’un seul ressenti, regard penser qu’elles s’opposent. Nous pouvons parler également de « feeling » dans ce cas précis. Nous sommes seul à pouvoir ressentir, penser, décrire, interpréter ce que nous voyons. Mais voyons-nous réellement les bonnes choses ? Le facteur qui prend beaucoup de place dans notre existence est l’interprétation. Nous prenons peu de temps pour s’interroger sur ce que nous percevons de l’Autre. Notre interprétation de la situation nous est personnelle et nous essayons de l’assoir spontanément pour qu’elle ne soit que celle-ci et pas une autre. Nous avons souvent l’art et la manière d’imposer aux autres ce que nous voyons, ressentons afin de les amener à nous rejoindre dans notre propre univers.

Le courage est peut-être d’admettre que ce que nous pensons, voir n’est pas la seule vision que nous devons nous en faire. Le médiateur nous conduit sur ce chemin de réflexion. Au travers de ce que nous pouvons écrire, penser, réfléchir, transmettre, l’essentiel se trouve peut-être au plus près de : – « Le courage : c’est de chercher la vérité et de la dire » Jean Jaurès -. Cette citation nous décrit précisément que parfois nous restons aveuglés par ce que nous vivons, l’attachement, l’amour, l’affection que nous apportons à la relation en question. Nous disons souvent que « l’amour rend aveugle », ce n’est pas faux.

C’est le cœur qui porte le regard sur ce que nous ressentons. La brillance qui semble nous éblouir, nous aspire vers l’être qui nous est cher et important. Mais, il arrive que notre propre vision reprenne une place lorsque nous ressentons que la situation nous échappe et nous fait souffrir. L’Autre n’est plus l’Autre que nous avons rencontré et notre cœur s’arme de munitions de couleurs ternes, les vents se déchainent sur la relation mais pour autant nous avons beaucoup de difficultés à partir. Cette souffrance nous abime au plus profond de nous et n’arrivons plus à mettre des espaces entre les maux. Affronter la vérité en face est difficile et très souvent nous nous abandonnons dans des travers qui nous semble accommoder la relation pour limiter les dégâts.

La société dans laquelle nous vivons fragilise notre confiance. Seules les règles et les lois nous permettent de nous protéger. Régulièrement nous sommes animés par des doutes et nous sommes en quêtes de réponses à nos diverses questions aussi légères qu’elles soient. Perdre un de nos sens nous attribue une mobilité réduite, perdre confiance en soi, nous rend instable et fragile. Dans un conflit, nous nous rendons compte que nous perdons l’Autre, que l’équilibre relationnel n’existe plus et qu’une des façons de se reconstruire est de réapprendre à se connaître soi-même pour mieux redécouvrir l’Autre.

Le courage et la peur peuvent faire alliance lorsque nous nous autorisons à penser que la peur n’est pas une faiblesse en soi et que le courage n’est pas uniquement une force. Le courage d’avoir peur et aussi vrai que la peur d’avoir du courage. Nous ne pouvons pas redéfinir sans cesse les tenants et aboutissants d’une relation qui se dégrade mais nous pouvons essayer d’entrevoir une ou des issues favorables à chacun.

L’être humain est si fort et si fragile à la fois que nous ne pouvons rarement avancer seul dans la vie. Si le courage peut aider la peur alors nous aurions peut-être le courage d’avancer sans crainte. Comme le dit si justement Nelson Mandela dans son livre : « Un long chemin vers la liberté », – « J’ai appris que le courage n’est pas l’absence de peur, mais la capacité de la vaincre » – Lorsque nous arrivons à ressentir cette sensibilité au plus profond de soi, cela peut nous permettre de concentrer nos propres forces pour se remettre debout avec l’envie de se nourrir différemment de la vie. Un être debout avec l’envie de ne plus se sentir courbé permet d’adopter une marche plus sereine et apaisante.

La médiation, le médiateur, ce nouvel espace, cette rencontre qui nous fait redevenir « Nous » peut nous aider à nous sortir de cette « cage » dans laquelle nous nous sentions de plus en plus à l’étroit. Nous pouvons donc penser que de sortir d’un rapport conflictuel est en soi un projet. C’est pourquoi le courage de « rester » ou la peur de « partir » ne serait-il pas le reflet d’un projet personnel ?

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