Employeur ou salarié… un changement de paradigme !

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Employeur ou salarié, le statut est parfois très ambigu. Après avoir travaillé plus de 10 ans dans la même boite, une directrice marketing n’en peut plus et démissionne ; le jour de son départ, elle reçoit un magnifique bouquet de fleurs accompagné d’un petit mot vantant ses qualités exceptionnelles… Or, elle n’avait jamais eu d’actes de reconnaissance jusque-là !

Il s’agit là d’un exemple parmi tant d’autres… certains salariés se sentent « brisés », « vidés », « séchés » « à bout » ; les « patrons » connaissent également des coups de moins bien, voire de « ras-le-bol »… de là « burn-out », dépression, et en amont la démotivation.

Que se passe t-il ? analyse et décryptage…

L’ANACT (Agence Nationale pour l’amélioration des conditions de travail) avait en 2016, relevé que seulement un salarié sur deux se sent reconnu par son supérieur.

En 2018, une étude d’Odoxa-Dentsu Aegis Network faisait apparaître quant à elle « la frustration en matière de reconnaissance » : 59 % de salariés jugent que leurs « perspectives d’évolutions ne sont pas motivantes » et 51 % estiment que leur travail n’est pas « reconnu à sa juste valeur ».

Ces statistiques bien que devant être relativisées comme toutes autres, ont le mérite de mettre en exergue l’existence de ce mal-être au travail ; plus encore, apparait une notion fondamentale, celle de reconnaissance. De quoi s’agit-il exactement ?

Certains diront qu’être reconnu dans un contexte professionnel, c’est « se sentir reconnu à sa juste valeur » ; sans doute, mais une telle définition n’est-elle pas limitée – sachant que celle-ci dépendra du fait que l’on est  salarié ou employeur ? bien périlleux car subjectif que de définir un individu à sa valeur, ne trouvez-vous pas ? comment apprécier ou mieux, quantifier cette « valeur »? à la productivité de celui-ci ? qui dit productivité, dit rentabilité et pour en avoir encore plus, comment récompenser cette « valeur productive » ? certains vous diront comment créer de la motivation – comme s’il suffisait de mettre de l’huile dans une machine afin qu’elle ne se grippât point !

L’Organisation mondiale de la santé avait identifié en 1994, une notion, celle de qualité de vie au travail, en la définissant comme étant « la perception qu’a un individu de sa place dans l’existence, dans le contexte de la culture et du système de valeurs dans lesquels il vit, en relation avec ses objectifs, ses attentes, ses normes et ses inquiétudes…»

Entre ces deux notions, l’une trop restrictive, l’autre trop vaste tendant même à rendre l’entreprise responsable de la « qualité de vie » de ses salariés avec éventuelle immixtion dans leur intimité, portons plus simplement nôtre réflexion sur les relations humaines. Et si la « Qualité Relationnelle » était la clé du bien-vivre ensemble ?

Un constat très simple : nous sommes tous Humains dominés par des émotions…lorsque l’on parle de motivation ou démotivation, ne s’agit-il pas d’émotions positives ou négatives, lesquelles nous détournent de toute rationalité ? Ne s’agit-il pas de réactions par rapport à un environnement, un contexte ou la satisfaction d’un besoin ? Lorsque l’on parle d’une relation qui se dégrade, de quoi s’agit-il ?

Sur une échelle de 1(tout va bien) à 10 (tout va mal), que s’est-il passé entre les deux ? Le décryptage des dynamiques conflictuelles et des invariants d’une dégradation de la relation, c’est tout le travail de méthodologie, structuration et rationalisation opéré par les médiateurs professionnels inscrits à la CPMN, lesquels disposent d’outils en ingénierie relationnelle et processus structurés permettant d’instaurer, de restaurer, de maintenir l’entente et l’entente sociale.

Un individu quel qu’il soit, avant d’aborder ses compétences, a besoin d’être reconnu en tant qu’il est Autre agissant en fonction de sa propre légitimité. Vous-mêmes, chers lecteurs, vous avez besoin d’être reconnus en tant que tels et particulièrement légitimes à exprimer votre point de vue, même si celui-ci est différent du mien ou de votre voisin. Qu’est-ce qui n’a plus de sens, que d’exister au regard des autres ?

La QRT – qualité relationnelle au travail – est fondamentale pour tous, de l’ouvrier au dirigeant ; tous sont amenés à communiquer et bien communiquer sans générer malgré soi, de dynamiques conflictuelles, c’est tout de même mieux, non ? qui sincèrement cherche à créer et entretenir des conflits, histoire d’en devenir insomniaque, acariâtre, malheureux et renfermé sur soi ?

En définitive, la maladresse de communication avec l’Autre et l’absence d’altérité n’est-elle pas à l’origine de toutes nos vicissitudes ? Que je vous rassure ce n’est pas une fatalité… vous pouvez apprendre à changer de paradigme…