L’histoire d’un chemin vers la liberté

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Grâce au cursus de formation que j’ai suivi à l’EPMN et l’obtention du CAP’M, j’ai découvert une nouvelle façon d’être en relation et une approche résolutoire des conflits.

Jusqu’à ma formation à l’EPMN en 2020, j’étais enfermée dans une croyance selon laquelle, en cas de désaccord, de conflit dans ma vie, c’est le droit qui allait le résoudre et un juge qui pouvait faire valoir mes droits. En cas de conflit, mon réflexe était de faire appel à la loi. Pour moi c’était « normal ». Sans que je m’en rende compte de manière formelle, mon référentiel de pensée était le contrat social.

Depuis, j’ai découvert un chemin vers la liberté et je le partage avec vous.

Le cadre des interactions en société : le contrat social vs l’entente sociale

De tout temps, les humains ont eu besoin de réguler, d’encadrer les relations et les interactions entre les personnes.

Une des façons que nous avons trouvée de le faire, c’est la référence à la loi, au contrat social. Nous avons chargé des personnes de définir le cadre dans lequel nous vivons, de définir ce que nous avons le droit de faire et ce que nous n’avons pas le droit de faire.

Quand il y a entorse à la loi, on s’en réfère à une tierce personne chargée de trancher : le juge.

Une décision judiciaire est assortie du pouvoir d’imposer sa solution aux parties, au nom de la loi et du bien commun.

Le contrat social nous prive donc de notre liberté de décision, de notre libre arbitre. Dans ce système, le contrat social, nous contraignons l’autre à respecter ses obligations.

Vous pourriez peut-être réfléchir à des situations que vous avez vécues où vous en avez fait appel à la loi. Comment l’avez-vous vécu ? Avec sérénité ou sous stress? Aviez-vous la certitude d’avoir gain de cause ? Dormiez-vous bien ?

Je voudrais faire un exercice avec vous.

Vous pouvez peut-être imaginer la situation suivante.

Nous sommes dimanche et il est 15h. Vous avez prévu de sortir vous promener pour l’après-midi.

De mon côté, j’ai besoin et envie de tondre ma pelouse ce dimanche après-midi. En théorie, la loi m’interdit de tondre ma pelouse le dimanche après-midi. Je n’ai qu’un voisin, vous.

Je viens frapper à votre porte et vous demande si le fait de tondre ma pelouse ce dimanche à partir de 15h vous dérange. Vous me répondez qu’étant absent.e, ça ne vous dérangera pas du tout. Nous scellons notre accord en topant la main.

La vie est belle ! Nous avons échangé et sommes arrivés à un accord. Nous nous sommes chacun sentis libres, légitimes, écoutés. Ce que c’est agréable à vivre ce type de relation ! Vous êtes peut-être d’accord avec moi.

Supposons que vous refusiez car le bruit vous dérange en ce dimanche après-midi.

Est-ce que je décide tout de même de tondre ma pelouse en sachant que je vous dérange et donc, est-ce que je vous contrains par mon comportement ?

Est-ce que du coup, je décide de ne pas tondre ma pelouse parce que la loi m’y oblige ou parce que j’ai envie d’entretenir de bonnes relations avec mes voisins ?

Sachant que le bruit de la tondeuse vous ennuie, est-ce que je cherche avec vous un accord sur la date et l’heure où je vais tondre ma pelouse ou est-ce que je me contente d’attendre lundi pour la tondre en me disant « de toute façon, j’ai le droit » ?

Vous voyez peut-être où je vous emmène ? Je vous emmène vers ce qu’est l’entente et plus spécifiquement l’entente sociale. L’entente est une façon différente de voir les relations. Elle diffère  du contrat social, qui lui, est régi par les lois. L’entente est la recherche d’accord dans toute interaction ayant des conséquences sur l’autre.

Alors vous allez peut-être dire : « Oui, c’est très bien l’entente. Ce n’est pas toujours possible. Quelque fois face à nous, on a un fou furieux, qui s’emporte et avec qui le dialogue est impossible » . Ou peut-être que vous direz « quand je suis contrarié.e, il m’est impossible de discuter ni même de réfléchir ».

Effectivement. Quand les personnes sont prises par les émotions, il peut leur être difficile d’avoir un échange, un dialogue apaisé, dépassionné.

Alors, que faire ?

Un métier au service de tous, comme le droit à l’instruction

Revenons à l’apport de ma formation.

J’ai pris conscience au cours de cette formation qu’au lieu d’en référer à la loi dans mes actes en société, je pouvais tout simplement m’entendre avec les personnes. Je me suis rendu compte que lorsque j’étais capable d’avoir un échange dénué d’émotions débordantes, je pouvais dialoguer, échanger sereinement et trouver avec l’autre une solution à notre désaccord.

Ma formation m’a permis d’apprendre à le faire, pour moi et pour vous désormais. Depuis que je suis médiateure professionnelle je peux intervenir pour accompagner vos discussions quand vous faites face à des différends et que vous souhaitez les résoudre par un dialogue apaisé. Les médiateurs professionnels sont des experts de la relation.

Aujourd’hui quand nous avons un différend dans notre vie, nous avons le droit de faire appel à un avocat pour qu’il défende nos intérêts.

Nous avons vu plus haut qu’il n’y avait aucune liberté à aller en justice : vous vous soumettez à la décision du juge. Le juge tranche.

Vous pourriez être dire qui mieux que vous sait exprimer ce que vous êtes prêt.e à accepter dans une négociation. Qui mieux que vous peut définir des solutions qui soient acceptables pour vous et qui, de plus, vous laissent dans l’entente avec l’autre ? Parce qu’au fond, vous ne souhaitez pas forcement contraindre l’autre. Vous préfèreriez trouver un accord avec l’autre. Les conflits sont désagréables à vivre. Les procès aussi.

C’est très agréable d’être maître de ses décisions et de garder son libre arbitre. Vous êtes d’ailleurs plus enclin à respecter une décision que vous prenez vous-même qu’une décision qui vous est imposée. C’est pour cela que nous parlons de solution pérenne en médiation professionnelle.

Est-ce que ça signifie que nous n’avons plus besoin d’avocats ? Non. Ça signifie que nous avons les moyens de nous entendre seuls avant de faire appel à la loi.

La médiation permet de remettre de l’humain dans le règlement des différends. Voilà pourquoi, nous, médiateurs professionnels, proposons aux avocats notre aide sur les dossiers où la relation est dégradée. Les avocats seront toujours là pour mettre en œuvre leur expertise du droit.

Alors, si la médiation devenait obligatoire, ça vous permettrait de garder votre libre-arbitre. La médiation obligatoire vous permettrait, en étant accompagné d’une personne dont la relation est la spécialité, le médiateur professionnel, de trouver une solution avec l’autre par un dialogue dépassionné.

Vous pouvez faire le parallèle entre médiation obligatoire et école obligatoire ; droit à la médiation et droit à l’instruction.

En effet, nombreuses sont les situations où l’État intervient pour permettre aux citoyens de préserver ou d’établir des conditions maximums d’égalité en matière de droits. Ainsi l’Etat définit que pour évoluer en société, les enfants ont l’obligation de s’instruire et d’aller à l’école.

L’Etat pourrait donc définir que pour mieux vivre ensemble, les personnes ont autant le droit de mettre en oeuvre une médiation que de faire appel à la loi. Le droit à la médiation serait inséré dans la Constitution.

Alors, vous choisissiez de rompre vos chaines ou de rester dans une cage dont la porte est ouverte ? Vous choisissez d’opter pour la liberté et le droit à la médiation ou pour l’asservissement et le recours systématique au contrat social ?