Au coeur de la motivation à entretenir un conflit

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Un mauvais arrangement vaut mieux qu’un bon procès, disait Honoré de Balzac à ses créanciers. Dans le genre, on peut se demander si une mauvaise relation vaudrait mieux qu’un bon conflit ?

Alors, je vais vous donner un conseil : pour entretenir une relation dégradée, vous ne devez surtout pas faire appel à un médiateur professionnel. J’ai déjà listé 10 motivations qui doivent vous écarter de la médiation professionnelle telle qu’elle est pratiquée par les membres de la CPMN. Je reprends donc cette liste à lire doucement pour en apprécier toute la saveur :

  1. Vouloir que son conflit dure longtemps ;
  2. Se contenter de passer de mauvaises nuits, englué dans son stress ;
  3. Considérer que sa vie est mieux lorsque le dialogue est rompu dans l’adversité, en répétant que la faute est dans l’autre camp ;
  4. S’enfoncer dans une amnésie concernant les plaisirs de l’existence ;
  5. Chercher à entretenir la méfiance et la colère avec leurs relents et leurs aigreurs ;
  6. Abandonner son libre arbitre devenu illusoire pour se satisfaire de l’hypothèse d’une décision contraignante ;
  7. Repasser le même disque rayé sur les pseudo-nouveautés de son perpétuel litige ;
  8. Vouloir entretenir en soi la peur et la frustration ;
  9. Augmenter son budget avocats et système judiciaire, en alimentant la table des experts et des huissiers ;
  10. Baigner dans le jus de ses plaintes, justifications et récriminations.

Si vous trouvez une seule de ces raisons suffisamment bonne pour entretenir un conflit et que vous vous sentez en perte de vitesse, n’hésitez pas à vous adresser à quelqu’un qui fait de la « gestion de conflit » et surtout ne vous adressez pas à un médiateur professionnel.

Sachez enfin que vous pourrez repérer le bon gestionnaire de conflit. Il dit :

  • l’accord trouvé pourra être gagnant-gagnant ; comme si on pouvait gagner après avoir perdu et aussi comme si on avait envie que l’autre partie gagne quelque chose dans une solution alors qu’on est encore en conflit ;
  • l’accord peut porter sur le désaccord ; comme si on pouvait identifier le désaccord sans être en mesure d’y trouver une solution. C’est plutôt une question de représentation à laquelle le tiers souscrit parce que lui-même s’est pris au jeu du conflit ;

En cas d’absence d’accord, c’est que :

  • la médiation n’y pouvait rien ;
  • que les parties n’étaient pas prêtes ;
  • qu’il y en avait une (au moins) qui ne voulait pas concilier.

Au vue de tout cela, sachant qu’une mauvaise relation pourrit autant la vie qu’un bon conflit, mais qu’on peut très bien subir une mauvaise relation sans qu’elle débouche systématiquement sur un bon conflit