La médiation est devenue une priorité judiciaire et sociale

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Le ministère de la Justice met en place le développement de la médiation préalable à toute action judiciaire. Il adopte des mesures pour  inciter les magistrats de toutes les juridictions à suggérer  une séance d’information sur la médiation avant de poursuivre la procédure, et cela pour toutes les affaires au civil. En matière familiale, dans certains cas, la médiation est en passe de devenir obligatoire. Pour commencer, des dispositions relatives à la médiation familiale sont mises en œuvre, pendant trois ans, dans cinq tribunaux de grande instance (TGI) : Paris, Bordeaux, Arras, Niort et Saint-Pierre (La Réunion). Si le juge s’est déjà prononcé et que les parents veulent le saisir à nouveau, la séance de médiation devient obligatoire. C’est-à-dire que la médiation est un instrument auquel les justiciables vont devoir s’ouvrir.

Même si la volonté des pouvoirs publics est animée par un souci d’économie, force est de constater que la médiation est une approche qui permet de renforcer l’exercice de la liberté. La décision arbitrale, qui par définition est contraignante, est de nature déresponsabilisante. Elle prive les justiciables de leur liberté de décision. De nombreux juristes, avocats, magistrats, huissiers, greffiers, notaires, ainsi que beaucoup de membres de professions ordinales, tels que des experts comptables, des médecins, infirmiers, etc… sont convaincus que la discussion entre des parties en conflit est une chose plus pertinente que d’ester en justice pour risquer devoir se soumettre à une décision frustrante.

La médiation professionnelle pour construire et renforcer la qualité des relations

La médiation est un terme qui se retrouve depuis bientôt dix ans dans beaucoup de bouches. L’idée de faire passer un message unifie le concept de médiation. Mais pas plus que de vaincre, il ne s’agit pas de convaincre. N’est pas médiateur qui veut. Savoir compter ne fait pas le mathématicien ni le comptable. savoir cuisiner ne fait pas le cuisinier ni le maître coq. Recevoir une personne en conflit ne fait pas le médiateur, ni le fait de recevoir plusieurs belligérants, de les mettre en présence et de les faire dialoguer. Le médiateur n’est pas un défenseur, ni un animateur de débat, encore moins un confesseur ou un psychologue. Au passage, c’est d’ailleurs pourquoi le médiateur de la république change de nom et devient plus justement le défenseur des droits.

Le médiateur est un accompagnateur. Il aide une ou plusieurs personnes qui souhaitent mettre un terme à une situation, à trouver une stratégie et mettre en place un plan d’action. Il peut s’agir d’une situation conflictuelle ou tout simplement d’un changement. Pour l’entreprise, un médiateur est plus qu’un spécialiste du dialogue social : il pratique un audit visant le développement et l’entretien de la qualité des relations humaines. Pédagogue, il est en capacité d’initier le personnel à l’approche qualitative des relations humaines.

La formation de professionnel de la médiation : un organisme ISO 9001

Il est vrai que la médiation nécessite de la part des parties en conflit de devoir participer activement à la résolution du différend qui leur mine la vie. Tout au moins, elles doivent accepter l’idée et le fait qu’elles vont devoir, en dépit de tout, engager une éventuelle ultime discussion. Elles peuvent imaginer le pire des cas ou le meilleur. Mais, avec l’intervention d’un médiateur, les choses peuvent changer, aller dans un sens ou un autre, voire s’orienter vers une toute autre issue. C’est pourquoi, au lieu de confier à la bonne volonté, à la compétence intuitive ou au bon sens l’accompagnement de cette prise de décision qui peut conduire à un changement important dans leur existence, les parties d’un différend ont besoin de confier leur conflit à un professionnel. A chaque situation son professionnel. Pour les cas individuels, la psychologie et les psychothérapies peuvent répondre à leur besoin. Pour les problématiques juridiques, les juristes, et notamment les avocats et les juges, sont formés de manière rigoureuse. Pour les discussions devenues inimaginables, un professionnel est indispensable, c’est pourquoi l’Ecole Professionnelle de la Médiation et de la Négociation Médiateurs Associés (EPMN) a initié et développé le concept de médiateur professionnel, lequel est au moins titulaire du Certificat d’Aptitude à la Profession de Médiateur (CAP’M). Toujours soucieux de témoigner de la rigueur de fonctionnement et d’approche, l’EPMN-Médiateurs Associés est aujourd’hui le seul organisme spécialisé en formation à la médiation certifié ISO 9001 V.2008.

En bref, la formation n’est pas une demie mesure de formation à la psychologie plus une autre demie mesure de formation au droit, faisant des stagiaires des à moitié compétents dans plusieurs domaines. Ce n’est pas en effet des additions de mesures de compétence qui font une compétence entière. La formation de médiation professionnelle porte sur un programme axé sur l’acquisition de savoir faire associés à l’étude d’une discipline à part, c’est vrai, mais à part entière.

La reconnaissance des médiateurs professionnels : l’annuaire des membres de la CPMN

Les professionnels sont formés à une approche exclusive de la résolution des conflits, et non de la gestion des conflits. Spécialistes de la conduite d’entretien et de l’animation de réunion, notamment en situation de crise, ils maîtrisent un processus d’accompagnement du changement, d’aide à la réflexion et à la prise de décision.
Les  médiateurs professionnels souhaitant se faire identifier adhérent à la Chambre professionnelle de la médiation et de la négociation. La CPMN est le premier syndicat professionnel du domaine de la médiation. Se distinguant encore plus de l’amateurisme, ce syndicat s’est dotée du premier code d’éthique et de déontologie, le CODEOME, devenu ressource pour des associations dans plusieurs pays. Ces dernières s’inspirent du CODEOME, mais préfèrent ne pas adhérer à des règles professionnelles qui obligent leurs membres à s’impliquer dans l’efficacité et la performance.

Issue des professionnels de l’environnement social, judiciaire et d’entreprise, la CPMN propose un annuaire des médiateurs titulaires du CAP’M, lequel mentionnent plus les médiateurs professionnels susceptibles d’intervenir en contexte judiciaire.

Après le Code de la médiation, premier recueil de tous les textes officiels francophones utilisant le terme de médiateur ou de médiation, et les textes des professionnels de la médiation, Médiateurs Editeurs va publier l’almanach des médiateurs professionnels, véritable Gotha de la médiation. Cet annuaire mentionne également les langues d’intervention. Avant son premier tirage papier, l’information est accessible sur le WikiMediation, en suivant le menu Trouver un médiateur.

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[…] Toutefois, côté gouvernement, les choses ont avancé un peu plus vite (voir ici). […]

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[…] en jouant sur la capitalisation des procédures, a lancé une contre-offensive très violente contre la montée de la médiation. Une vaste manipulation juridico-politicienne. Ce lobby a fait introduire ses intérêts et […]

REDJIMI Séguni
Invité
REDJIMI Séguni

Bonjour,
Oui je trouve également que cet article est très explicite et repositionne bien la volonté de la CPMN de mettre la résolution du  conflit entre les mains d’un professionnel formé pour la médiation.
Le cumul de certaines compétences en matière juridique ou en psychologie ne suffit pas à faire le médiateur.
Continuons à développer l’altérité plutôt que l’adversité.
Cordialement 

Jcl Mimol
Invité
Jcl Mimol

J’aime beaucoup cet article qui en quelques paragraphes dresse un état des lieux limpide et ouvre sur notre devenir