Elections : le parti pris d’un médiateur professionnel

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Inouïe ! le médiateur professionnel prend parti. Durant la campagne pour les élections municipales, difficile de garder son impartialité.

De magnifiques programmes sont patiemment élaborés, avec une réflexion approfondie des candidats et de leurs équipes. Chacun est très impliqué à trouver une solution pour faire triompher son programme. Les spécialistes de la communications sont à l’œuvre.

Certains candidats se soucient quelques fois de l’humain au cœur de leur cité. Ils rencontrent par exemple des personnes au hasard d’un marché, celles-ci expriment des revendications, des espoirs, des souhaits… C’est l’occasion pour le politique de donner une image sympathique pour autant est-elle suffisante pour obtenir un suffrage ?

Avec cette phrase tenue par un ancien Président de la République « Les promesses n’engagent que ceux qui les reçoivent » il n’en fallait pas moins pour installer le doute permanent chez le citoyen.

De la défiance, il devient facile de passer à la méfiance.

Le plus affûté aux arguties des slogans politiques doute légitimement de l’impact qu’aura son bulletin de vote à faire progresser ses propres idées.

Comment partager sa vision de ce que devrait être les choses et leur nature, les gens et leurs comportements. Le changement ferait il peur ? L’attachement est il plus rassurant ?

Dans ces conditions, se réfugier dans son référentiel peu devenir un réflexe, et la morale devenir à l’idéologie ce que l’éthique serait à la philosophie.

Pour le quidam et surtout l’électeur qui souhaite voter utile, le chemin est encore long dans la cinquantaine de jours qui nous sépare de l’issue de la campagne.

Comment voir clair ? dans un principe ou le scrutin des municipales offre la possibilité de compter autour d’un même conseil municipal, différentes tendances politiques réunies.

« La Morale est à l’idéologie ce que l’éthique est à la philosophie »

L’opposition des tendances représentées aboutie quelques fois à des positions figées. Rarement le manque de consensus dans les postures de blocages profite à la majorité des administrés.

Comment les élus vont-ils arbitrer pour satisfaire les électeurs en conformité avec les promesses de campagne électorale ? Comment les intérêts des électeurs vont ils être défendus ?

Les élus ne seraient-ils pas les garants du dialogue social ?

Imposer son point de vue à tout prix ? Ou abandonner, se soumettre, face à la supériorité numérique et représentative de ses adversaires politiques ? trouver un consensus mou ?

Dans cette perspective il existe une solution. Trouver un terrain d’entente compatible avec les enjeux et intérêts de chacun sans que les protagonistes souffrent de leurs images respectives : réalité ou chimère ? Je ne parle pas de gagnant-gagnant organisé par des amateurs de médiation,

Je parle d’une posture qui consiste à utiliser le pouvoir d’une ingénierie relationnelle au service de la reconnaissance des parties.

En cela le code d’éthique et de déontologie édité par la Chambre Professionnelle de la Médiation et de la Négociation propose un fondement basé sur l’altérité et dont les piliers sont l’Indépendance, la neutralité et l’impartialité.

Dans ce sens, le médiateur professionnel contribue avec les parties à solutionner leurs différends par un ensemble d’attitudes et de comportements visant à résoudre les difficultés par le dialogue et non le rapport de force.

Alors oui, prenez le parti des projets de votre commune en y incluant de la distanciation à la rencontre des points de vue légitimes.

Prenez le parti de l’altérité face à l’adversité. Maintenant, c’est vous qui décidez !